Pull the pin : L’évolution d’un renouveau (part2)
16 mars 2008“Pull the pin” : une identité nouvelle donc ? Cela reste à voir. Car si on regarde bien, tout le tralala concocté par le groupe n’est qu’une évolution du très impressionnant renouveau artistique ayant eu lieu lors du dernier album “Language, Sex, Violence, Other ?” (2005). Ce bouleversement est marquant car il a su complètement changer l’image que le groupe s’était construite jusque là, et ce, aussi bien à un niveau musical, qu’au niveau des pochettes d’album et singles, des clips, du site web, et même niveau look !
Poussant le style rockeur à l’éxtrème et dans une orientation précise, Kelly Jones, le leader du groupe, arbore très vite la veste de cuir noir, les cheveux comblés de gel, les yeux cachés derrières des lunettes noires. Bref, le style un peu bad boy mais très modernisé.
Très modernisé car ceci forme un tout avec le contexte lié à l’album. Celui-ci voit venir l’apparition d’un nouveau batteur dans la formation du groupe ainsi qu’une influence plus éléctronique dans les morceaux. Et cela est évidemment porté par un design très “new-wave”.
Le groupe doit ses différentes covers de singles et également celle de l’album à l’artiste Graham Rounthwaite qui est également l’auteur de la pochette de “Pull the Pin” ! C’est marrant hein ! Et pour “Language, Sex, Violence, Other ?” il s’était orienté vers un visuel plus futuriste et moderne.
Au premier abord, le concept des rayures peut provoquer une crise d’épileptie, donc allez-y mollo
. Toujours est-il que l’idée est inédite et caractérise finalement la description d’un son et d’un code barre d’une façon expérimentale et très éléctrique.
L’aspect des singles s’appuie sur la même base rayée mais en y incluant des personnages aux influences mangas, très à la mode en Europe. Et là où c’est très intéressant, c’est que G.Rounthwaite fait référence au passé du groupe avec la pochette du single ‘Dakota’. En effet, la pochette est un echo à un album précédent intitulé “Performance & Cocktails” qui fait lui-même référence à une photo ultra-célèbre de Robert Doisneau : Le Baiser de l’Hôtel de ville (1950). Sauf que sur “P & C” la fille est désintéressée de ce baiser, posant ainsi cet aspect très controversé et interrogateur autour de la pochette. Rounthwaite lui, joue sur cette idée avec “Dakota” en renversant les choses, c’est à dire que c’est le garçon qui est désintéressé.
Un travail assez réfléchi donc, car il était assez complexe de relier les 2 pochettes au design très antagoniste !
Mais le groupe ne s’arrête pas là et etoffe également ses clips ! Déçu par la fénéantise de la plupart des réalisateurs qui élabore des idées pouvant s’adapter à n’importe quel groupe, Kelly Jones décide d’écrire lui-même le concept des vidéos des Stereophonics. Ce travail est fait en collaboration étroite avec Charles Mehling, un réalisateur atypique ayant déjà travailler pour le groupe “Black rebel motorcycle club”. Kelly cite : “Charles est un metteur en scène qui ne met pas en scène”. Le réalisateur dira lui-même tout vouloir contrôler “sur un fond de je m’en foutisme”. Dans un sens c’est ce qui rend les clips si décadents et extravagants. Et cela lié au caractère imagé du groupe forme un rendu assez charismatique. En voici un exemple avec le clip de “Devil”.
Ormis le côté très irrévérencieux assez explicite, il est amusant de retrouver cette tendance de noir et blanc laissant transparaitre une couleur. Un des premiers films à jouer sur ce concept fut “La liste de Schindler” de S.Spielberg (si si la petite fille en manteau rouge..) (oula, ça remonte, c’est ça ?!), ou beaucoup plus récemment, et avec beaucoup plus de classe : “Sin City” de Robert Rodriguez.
Si vous désirez regarder les 3 autres vidéos vous pouvez vous rendre sur YouTube & Co. Sinon que dire… Il est clair que “Pull the pin” ne réinvente pas la roue et se laisse porter un peu trop sur le renouveau amené par “Language, Sex, Violence, Other ?” il y a 3 ans. Il faut dire que cet album a placé la barre très très haute, donc évidemment on s’attendait encore à unn changement radical de style, ce qui est, certes, très dur. Cela dit, dans l’ensemble, la dynamique créatrice de “Pull the pin” offre tout de même son lot de surprises et d’enthousiasme (voir part1 par exemple).
Maintenant, pour conclure cet article en 2 parties consacré aux Stereophonics, un petit extrait du concert qui a eu lieu au Grand Rex il y a 2 semaines parait être un choix judicieux yep ! Et comme K.Jones le dit si bien : “This is the song called Dakota…” :








