Coldplay s’impose sur la toile

1 mai 2008

Coldplay a crée la surprise il y a 2 jours en diffusant sans prévenir son tout nouveau single intitulé “Violet Hill”. On savait que le groupe préparait son retour, mais là, ce fut carrement du jour au lendemain que l’on appris la nouvelle de cette diffusion. Et hier, nouvelle stupéfaction ! Le groupe dévoile le titre, la set-list et la pochette du nouvel album…

le retour de coldplay

Un gros évènement tout de même que le retour de Coldplay. On croyait le groupe quasi fini il y a encore quelques mois, puis le site avait été mis à jour (voir l’article correspondant) et maintenant Chris Martin et ses 3 compagnons reviennent avec un nouvel opus : “Viva La Vida Or Death And All His Friends”… Mais qu’est ce que c’est que ce nom à rallonge encore ! On ne demande pas à ce que cela s’appelle “Coldplay 4″ non plus, mais bon !

Cet album sortira le 16 juin, et s’il possède un nom si particulier c’est parce que le groupe a puisé dans des influences hispanniques (pour le “viva la vida” évidemment). Le “Or death…” me laisse quant à lui un peu perplexe car on a l’impression que cela figure uniquement dans le but de rajouter un petit côté “mélo-dramatique”, sentiment dont le groupe aime bien s’octroyer et qui fait à la fois son charme et un vaste sujet de critiques.

Bref, revenons sur ce fameux “Viva La Vida”. Pour commencer, il faut savoir qu’il s’agit d’un hommage à la peintre mexicaine Frida Kahlo qui avait d’ailleurs réalisée une oeuvre portant ce nom, gravé sur des pastèques.

viva la vida, par frida kahlo

Bon, évidemment, ici, le groupe s’est juste inspiré de l’expression, mais il a su en faire quelque chose d’énorme ! Voyez par vous même la pochette du nouvel opus.

Viva La Vida Or Death And All His Friends

Pas de pastèques donc, mais l’universelle peinture d’Eugène Delacroix intitulée : “La liberté guidant le peuple” taguée sauvagement par un gros “Viva La Vida” !

Il fallait oser ! En effet, représenter ainsi une oeuvre mondialement connue pourrait susciter une réelle polémique de la part des plus conservateurs. Mais regardons cela avec un oeil plus ouvert je vous prie, car de cette pochette ressortent bien des aspects importants à noter.

Tout d’abord le choix de se tourner vers la peinture en général, avec cette influence pour Frida Kahlo et ici la reprise de Delacroix, qui est vraiment atypique pour une pochette d’album. Regardez vos albums, si il y en a un où se trouve de la peinture c’est déjà un exploit, et bien que nous ayons déjà parlé de ce type d’utilisation artistique dans l’article consacré aux Stars, il est clair que cela reste peu commun. De plus, grâce à cela, Coldplay tend à s’échapper des registres visuels typiques du pop/rock anglais, et ça, c’est plutôt un bon point.

Ensuite l’oeuvre de Delacroix est également emblématique de la liberté, ça je ne vous l’apprend pas, et c’est certainement un message important à délivrer pour le groupe quant on sait les efforts qu’il fait notamment pour le commerce équitable. Mais parallèlement à cette liberté, le groupe se positionne également sur un front plus provocant, ne serait-ce qu’en taguant la toile de Delacroix qui pourrait bien être pris comme un manque de respect. Il est d’ailleurs assez marrant d’imaginer Coldplay se “rebeller” ahah, mais il est vrai que beaucoup de groupes ont eu leur passage “rebel rebel”, alors pourquoi pas ?

En dehors de ça, on peut apprécier le fait que cette pochette soit un pont à 2 formes de peintures bien distinctes avec d’un côté la “haute” peinture, et de l’autre, le “tag”. Riches toutes les 2, le mix de génération est pas mal trouvé si le groupe y a pensé.

Le single “Violet Hill” reprend le même principe de peinture, sans toile reprise en fond, mais avec un jeu sur les projections un peu plus poussé, si bien qu’on pourrait presque faire le rapprochement avec certaines oeuvres de Jackson Pollock, même si pour ce dernier les jets de peinture étaient nettement plus soutenus ! Ca peut paraître un peu brouillon au 1er abord, mais l’utilisation des couleurs est bien choisie, et même si le titre est conçu par de gros coups de pinceaux, on sent que le tout est très bien maitrisé.

Violet Hill

Une chose est sûre c’est que Coldplay s’étend à des terrains plus larges, peu visités jusqu’alors, plus déchainés même, et laissant de côté les tournures abstraites dont faisaient preuve les anciens albums tels que “A rush of blood to the head” ou “X & Y”.

A rush of blood to the head

X & Y

Avec ces pochettes, le groupe proposait une ésthétique assez spéciale et poétique dont chacun pouvait tiré ses conclusions et laisser libre cours à son imagination. Ici, on s’arrète sur un ton plus direct et ayant plus d’impact. Dans un sens c’est bien. De mon point de vue, même si les visuels sont intéressants, on dirait que le groupe s’est plus laissé guidé par le désir de vouloir choquer les foules dans une optique purement commerciale. On a toujours un côté passionné, mais qui perd de sa candeur.

Vous pouvez vous rendre sur le site officiel du groupe, site apparement provisoire pour prévenir l’accueil du nouvel opus, conçu par 4 gros coups de pinceaux dans la face designant chacune des “rubriques” et donnant quelques renseignements quant aux 2 concerts gratuits à NY et à Londres par exemple ;) .

2 commentaires pour “Coldplay s’impose sur la toile”

  1. Iphnir dit :

    Je suis assez perplexe devant ce style graphique qu’ils ont adoptés… Et surtout entre la corrélation entre l’univers graphique et leurs sons.

    Entre le “viva la vida” tagué, la peinture de Delacroix (pas n’importe laquelle quoi), on s’attend à quelque chose de plutôt révolutionnaire… Et leur premier single n’a absolument rien de révolutionnaire. Coldplay fait du Coldplay.

    Trop fort les mecs. Wait & see, mais bon, ils auront essayés, c’est déjà pas mal.

  2. Steven dit :

    on est d’accord…

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