Joe Jackson: entre bruine et averse
7 février 2008Joe Jackson est un artiste britannique présent sur la scène musicale depuis près de 30 ans. Débutant d’abord avec des influences rock et ska à la fin des 70’s, il fut très vite considéré comme une personnalité importante de la New-wave aux côtés d’autres stars comme The Police ou Elvis Costello.
Dès le début des années 80, il se tourne vers le jazz pour en faire son style de prédilection et se construit une renommée sûre mais discrète, lui assurant une grande liberté d’action dans la musique qu’il compose.
A l’occasion de la sortie ce mois-ci de son nouvel album intitulé « Rain », quoi de plus beau que d’étudier ce phénomène intriguant de la pop jazzy !
Si l’on fait un petit retour dans le temps (oue, comme Doc et Marty), on peut noter le fait que les pochettes d’album de J-J sont très contrastées de l’une à l’autre. En effet, on passe de compositions très « soft », mettant en avant des éléments très épurés, à des visuels complètement surchargés ou qui déchirent la rétine tellement le graphiste s’est défoulé sur le mélange des couleurs ou leur vivacité.
Qu’en déduire sur notre homme…. Serait-il schizophrène ?! Ne le connaissant pas en personne, il est difficile d’apporter une réponse juste. Gardons donc cette hypothèse sous le coude, mais il est plus approprié de dire que Joe Jackson cherche régulièrement à se réinventer. Dans un style musical souvent bourré de clichés par la majorité, Joe Jackson ne rentre que dans un cliché en particulier, celui de jouer du saxophone, et aussi du piano. Eh oui, il y a certains clichés auxquels on ne peut échapper, cela dit, il aurait été étrange de voir du jazz avec une guitare saturée heavy-métal.
Bref, comme je le disais, beaucoup de contrastes entre les différents visuels.
Le 1er album « Look Sharp » en faux noir et blanc inspire une ambiance très sobre et porte un signe distinctif mémorisable par le public avec un plan centré sur les chaussures blanches (cela aurait-il inspiré Michael Jackson ?…). Joe Jackson se crée ainsi une image typée, mais qu’il balayera un an plus tard avec un nouvel opus « Beat Crazy », adoptant un look plutôt baroque, complètement déjanté, rassemblant autant de couleurs qu’il est possible d’en placer avec des aplats de formes unies.
On pourrait croire qu’il s’agisse uniquement du fait que cela corresponde à son virage artistique, mais cela va bien au-delà. Car si « Beat Crazy » choque l’œil, les albums qui suivent retombent peu à peu dans un style très épuré, à la limite de la monochromie. Par la suite, on rentre à nouveau dans un genre très lourd avec l’album « Big World » sorti en 1986 ou encore « Laugher & Lust » avec une typographie pour le moins excentrique, et ainsi de suite, on retrouve cette alternance entre caractère léger et massif, témoignant d’une image artistique en constante rupture, bouleversant quelque peu le genre.
La pochette du best of dans le style Andy Warhol, quoi de plus original…
Notez le style de « Rain » qui sort actuellement, on reconnaît ici l’influence de Reid Miles, mais ce qui est bien pensé, c’est d’avoir actualisé ce style, de l’avoir adapté. Ainsi on conserve une touche traditionnelle de l’image jazzy tout en lui conférant un cadre plus moderne. Modernité certainement recherchée par JJ étant donné son ancienneté dans le milieu. La composition fonctionne véritablement bien, notamment grâce au texte qui fait édifice au visuel. La photographie transcrit un état de sérénité travaillée, plutôt révélatrice d’un homme posé.
Attention dans le cas de JJ, posé ne veut pas dire muet, en effet, il s’est souvent positionné contre la culture rock, mais va plus loin en reprochant aux groupes pop de faire de la musique commerciale, ininspirée et plagiée (mais que dirait-il au regard des émissions actuelles d’une certaine chaîne française…).
Mais revenons à notre sujet, comme la plupart du temps, le design du site web est associé au dernier album sorti en date. Ici, c’est le cas, on retrouve la même gamme de couleur et le style très empreinté à Reid Miles. Bien, mais sans plus. En effet, opter pour un site en Flash aurait été judicieux pour procurer un sentiment plus actuel et moderne, au lieu de cela, on reste dans un cadre très solennel, certainement pour coller à la cible (40-50 ans).
Quoi qu’il en soit, le mérite de cet artiste réside dans le fait de se bâtir une identité sereine mais au caractère bigarré.











